Quand une personne fait un AVC, chaque minute compte pour lui administrer le traitement adapté. Fort de ce constat, depuis décembre 2014, l’établissement a ouvert une Unité NeuroVasculaire (UNV) en service de Neurologie et une Unité de Soins Intensifs NeuroVasculaires (USINV) en service de Soins Continus. Parallèlement, la filière départementale de l’AVC s’est organisée. Près d’un an après et dans le cadre de la journée mondiale de l’AVC, c’est l’occasion de revenir sur la mise en place de ce dispositif et de rappeler son fonctionnement.

Tout a été fait pour gagner du temps

Quand les symptômes d’un AVC apparaissent, il n’y a pas une minute à perdre. Afin d’être encore plus efficace, notre hôpital s’est organisé sous la forme d’une UNV associée à une USINV. Pour le Dr Stéphane BERROIR, responsable du service de Neurologie «Cette organisation existait déjà à Genève et à Annecy. Il y avait un manque, désormais comblé, sur le territoire Haute-Savoie Nord. Nous avons formalisé de façon officielle ce que nous faisions depuis longtemps, mais que nous ne pouvions pas mettre en place 24h/24, faute d’effectif suffisant. Aujourd’hui, le service assure une astreinte 24h/24 notamment grâce à la présence d’un radiologue pour faire fonctionner l’IRM la nuit. D’autres professionnels ont également été recrutés : un médecin neurologue, un kinésithérapeute, un orthophoniste».

Il existe deux types d’AVC : 1. l’infarctus cérébral (le plus fréquent) : un caillot de sang bouche un vaisseau et empêche l’irrigation du cerveau / 2. l’hémorragie cérébrale (hématome dans le cerveau) ou méningée (hématome entre le crâne et le cerveau). En France, depuis 2002, l’infarctus cérébral est traité par la thrombolyse. Le médecin injecte un produit au patient via une perfusion pour dissoudre le caillot qui bouche l’artère. Plus le traitement est administré rapidement (moins de 4h30), plus le patient a de chances de s’en sortir sans séquelles graves.

Equipe Neuro internet

L’équipe de Neurologie, un des nombreux acteurs de la prise en charge de l’AVC au CHAL (Urgences, Imagerie, USINV, neurologue, neuropsychologue, kinésithérapeute, orthophoniste, service social…)

Généralement, le Centre 15 repère les symptômes et prévient l’hôpital de l’arrivée du patient. Dès sa prise en charge aux urgences, il passe par la salle de déchocage. Depuis son ouverture à Contamine sur Arve, le bâtiment offre une organisation très fonctionnelle, les urgences ont été placées à proximité immédiate de l’imagerie, de façon à conduire rapidement le patient vers le scanner ou l’IRM pour confirmer l’AVC, qui peut présenter les même signes qu’un hématome. Des prélèvements biologiques sont menés en parallèle, notamment pour écarter tout risque de contre-indication. Dès la confirmation du diagnostic, la thrombolyse commence. Le patient est ensuite transféré à l’USINV, placée juste au dessus. Les activités neurologique et cardiaque y sont observées attentivement pendant 24 à 48h, le temps que l’état du patient se stabilise et sorte de la phase aigüe. Puis, le patient est conduit dans le service de Neurologie qui compte 6 lits d’Unité NeuroVasculaire. Durant ces jours, l’équipe médicale met en place le traitement le plus adapté au patient. Le patient y débute sa rééducation (kinésithérapeute, orthophoniste, neuropsychologue…) avant d’être orienté vers un établissement de rééducation comme Martel de Janville à Bonneville ou Pierre de Soleil à Vétraz-Monthoux. De janvier à septembre 2015, le service de neurologie du CHAL a traité 245 AVC, soit plus de 300 par an.

Un travail pluridisciplinaire et coordonné

L’UNV est composée d’une équipe pluridisciplinaire comprenant notamment les assistantes sociales. Ces dernières ont une place prépondérante en lien avec les délais de prise en charge après l’hospitalisation en UNV. En effet, elles rencontrent l’entourage du patient lorsque le contexte socio-environnemental peut paraître complexe pour la suite de l’hospitalisation. Elles sont l’interface entre le secteur sanitaire et médico-social et participent à la qualité de la filière d’aval, notamment par leur connaissance du partenariat externe.

Car la bonne prise en charge de l’AVC passe aussi par la coordination en amont et en aval de tous les acteurs partenaires. Cette coordination a pris la forme d’une filière départementale de l’AVC regroupant les Établissements de santé de courts (hôpitaux) et de moyens séjours (SSR), les EMS, les EHPAD, les associations d’aide à domicile, les professionnels libéraux (médecins généralistes, kinésithérapeutes, infirmiers libéraux, orthophonistes, psychologues, ergothérapeutes…). Son objectif premier est de coordonner le parcours de soins du patient, depuis son AVC jusqu’à sa rééducation, sans oublier l’aspect préventif. Cette filière s’est organisée par la mise en place d’un bureau qui se réunit tous les trimestres. Il est porté par deux animateurs :
Mme Cécile FOGOLA, cadre socio-éducatif du CHAL (60%ETP)
Dr Gilles RODIER, neurologue au Centre Hospitalier Annecy-Genevois (CHANGE)
Le bureau est aussi composé du Dr Stéphane BERROIR (neurologue pour le territoire Haute-Savoie Nord), un médecin MPR et coordonnateur des SSR, deux médecins ARS, un inspecteur de l’ARS, un médecin du 115 du CHANGE, le directeur du centre ressources pour personnes cérébrolésées, le médecin ARS région rhône-alpes.

Les premiers travaux ont concerné l’inventaire des moyens et ressources existant au sein du département, la mise en place d’une organisation et d’outils (annuaire commun…) pour travailler ensemble et de façon coordonnée. Il est question, entre autres, de croiser les réflexions avec celles de la filière gérontologique du département. Quelques projets sont en cours de réflexion, notamment la mise en place d’une équipe mobile SSR / Filière AVC.
La coordination passe aussi par les aspects préventifs. Elle s’appuie sur le tissu associatif très actif dans ce domaine avec notamment France AVC74 (M. Philippe LEVASSEUR), AFTC 74 – Association des Familles de Traumatisés crâniens (M. Alain GERMAIN), le Centre de Ressources pour les personnes cérébrolésées (M. François DESPIERRES).